Que la bénédiction de saint Aygulphe se réalise

Saint Aygulphe guérissait les problèmes de vue et protégeait des méfaits de l'eau. Hier,procession et prières l'ont convaincu de la foi de ses fidèles«Aygulphe notre frère, montre-nous le chemin. Vers la maison du Père, conduis tes frèreshumains. En ce jour de fête rassemblés dans la foi, tu vois la confiance que nous avons entoi ». Difficile, hier, pour le saint patron du quartier de Saint-Aygulf, d'ignorer l'engouementprovoqué par la fête votive, comme de rester aveugle face au cantique qui l'implore : « Abbétrès clairvoyant, éclaire nos regards. Pour que, de malvoyant nous arrivions à mieux voir ».Le saint homme, dont la fête est fixée au 3 septembre, anniversaire de son martyre,attendait hier, le 5 septembre, pour être célébré selon son rang. Il aurait rendu la vue à uneservante de Dieu, mais se doit aussi de faire pleuvoir pour les agriculteurs, d'empêcher lesdégâts des eaux et d'apaiser les flots pour nourrir les pêcheurs. Rude tâche, saluée depuistoujours, et qui malgré une interruption fut reprise en 1982, attirant chaque année un nombrecroissant de fidèles et touristes.Hier, la fête votive, organisée par l'office de tourisme et l'église, avait attiré la grande foule,comme l'attestaient les convaincus et curieux venus suivre la procession et la cérémoniereligieuse. Le rassemblement en début de matinée les menait à la calanque des Louvant.C'est là que le pointu « L'Arpillan IV » de 1968, accostait pour débarquer la statue du saint,bientôt portée par deux solides gaillards. Ils étaient salués par la foule mais aussi par laprocession, présidée par Don Bruno de Saint-Raphaël et le père Alain Broussard, nouveaucuré de Saint-Aygulf, accompagnés des soeurs de la consolation de Draguignan. Cortègecoloré et sonore puisque les membres de l'église étaient entourés du groupe folklorique LouCepoun Frejuren et des bravadeurs de saint François de Paule. Belle occasion pour le prêtrede s'adresser au saint, l'implorant d'accorder sa bénédiction à ceux qui vivent de la mer.

Les coups de tromblon marquaient chaque halte, dont une double salve face à la résidencede Raphaël Autiero, charpentier de marine et concepteur du pointu, ayant mené la statue dusaint depuis la mer jusqu'à la plage. Le chemin des douaniers, le boulevard Honoré-de-Balzac et bientôt le saint regagnait l'église à l'issue d'une dernière salve en mémoire de «Jean-Marie Bertrand qui aurait aimé être avec nous aujourd'hui ». Homme de terroir,conseiller général du canton de Fayence et membre fondateur de La Miougrano, groupefolklorique de Fréjus, il a disparu en juin dernier et laisse un grand vide.À l'issue de la messe, Lou Cépoun reprenait fifres et tambourins pour mettre en valeur latraditionnelle danse de la souche. L'aïoli, sur la place centrale, concluait cette matinée appelant à un autre rendez-vous gustatif, celui de l'omelette géante, le week-end prochain.